Université de Rouen
Cérédi - Centre d'étude et de recherche Editer-Interpréter
IRIHS - Institut de Rechercher Interdisciplinaire Homme Société
Université Paris-Sorbonne
CELLF
Obvil

Édition des Lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo - ISSN : 2271-8923

Accueil > Lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo > 1855 > Avril > 2

2 avril 1855

Jersey, 2 avril 1855, lundi après-midi, 4 h.

J’ai craint que vous ne preniez ma restitus hier pour un poisson d’avril. Aussi je me suis abstenue comme je m’abstiens depuis huit jours sans que vous ayez daigné vous en apercevoir. C’est du reste ce que vous aviez de mieux à faire et depuis bien, bien, bien longtemps. Aussi je ne vous en blâme pas. Au contraire, je vous sais gré de votre sincérité tacite. Toute chose a sa saison. Celle de la restitus est passée depuis longtemps. Toutes ces petites rabâcheries d’amour émaillées de baisers et peintes des plus vives tendresses dans lesquelles la joie et les sourires sautent d’un mot sur l’autre comme des oiseaux échappés de la cage de l’âme ont une piteuse mine à un certain moment de la vie. Aussi, mieux vaut résorber en soi toute cette sève du cœur que le soleil de la jeunesse ne féconde plus que l’exposer à la gelée du ridicule. Un moment viendra où toute mon adoration contenue s’épanouira au ciel. Alors tu sauras combien je t’ai aimé sur la terre. Jusqu’à là, mon tout bien aimé, Je mets ma pauvre restitus en serre ou plutôt je la resserre au plus [illis.]a

J.

BnF, Mss, NAF 16376, f. 137-138
Transcription de Magali Vaugier assistée de Guy Rosa

a) Fin de la lettre manquante.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
(c) 2017 - www.juliettedrouet.org - CÉRÉdI (EA 3229) - Université de Rouen
Tous droits réservés.
Logo Union Europeenne