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Édition des Lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo - ISSN : 2271-8923

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5 avril 1855

Jersey, 5a avril 1855, jeudi après-midi, 4 h.

Mon cœur est comme une cloche qui n’a qu’un son : je t’aime, je t’aime, je t’aimeb. La façon dont vous tirez ma corde en fait un glas ou un joyeux carillon selon l’impulsion que vous donnez vous-même à mon pauvre monotone amour. La jalousie seule sonne le tocsin plus souvent que je ne voudrais, hélas ! Il n’est donc pas étonnant que toutes mes restitus CLOCHENT de toutes leurs syllabes et que mon style soit toujours : din don, din don, din don. J’espère pourtant qu’il ne vous arrive jamais de prendre toutes ces sonnettes de mon âme pour des SORNETTES et que vous ne confondez pas le faux bourdon de ma stupidité avec le timbre pur de mon cœur. Cette crainte m’a fait prendre bien souvent la résolution de renoncer à ma chère restitus d’amour mais dès que vous faites mine de la demander j’ai la lâcheté de m’y reprécipiter. Telle est ma faiblesse, mon trop bien-aimé, je ne m’en cache pas et tu es bien gentil et bien bon de venir à mon secours chaque fois qu’il m’arrive de bouder contre mon bonheur qui est de t’adorer et de te le dire tant bien que mal.

Juliette

BnF, Mss, NAF 16376, f. 139-140
Transcription de Magali Vaugier assistée de Guy Rosa
[Blewer]

a) Le « 6 » écrit par Juliette Drouet a été corrigé sur le manuscrit d’une autre main.

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