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Édition des Lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo - ISSN : 2271-8923

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Jersey, 26 avril 1855, jeudi soir, 6 h.

Ce n’est pas du poivre que je pille comme hier soir sur la colline, mais du bon et vrai amour que je vous pulvérise pour vous, mon cher petit homme, afin de vous le faire avaler à petites doses impalpables et sans que vous vous en doutiez. Autrefois vous ne reculiez devant les plus gros morceaux mais maintenant vous avez presque peur d’y goûter du bout des lèvres. Quant à moi cela ne m’empêche pas de vous aimer comme une ogresse, telle est ma force.
Le docteur Ginestet est venu mais je l’ai pas reçu car j’étais en train de me peigner. Vous seul avez le privilège de me voir en souillon et en Maritorne ce qui, par parenthèse, est assez maladroit de ma part. Ce devrait être le contraire et je suis mille millions de fois absurde de me montrer à vous si souvent sous mon aspect le plus hideux. Après cela je m’attriste et je me reproche de ne plus vous plaire, comme si tous les artifices et toutes les précautions du monde pouvaient retarder d’une minute votre désillusion inévitable, hélas ! Tout ce que je peux faire et ce que je fais ardemment, c’est de vous aimer deux fois plus, afin de maintenir l’équilibre [illis.] de l’amour [illis.] celui que [illis.].

Juliette

BnF, Mss, NAF 16376, f. 167-168
Transcription de Magali Vaugier assistée de Guy Rosa

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