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Édition des Lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo - ISSN : 2271-8923

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Guernesey, 27 octobre [18]67, dimanche, 7 h. ½ du m[atin]

Cette fois-ci, mon grand adoré, je t’ai vu et bien vu gober en deux actes tes deux œufs et venir t’essuyer la barbe et les mains à ta serviette. Si les baisers avaient des ailes visibles comme les oiseaux, tu en aurais été assailli en ce moment-là et le ciel en aurait été obscurci. Malheureusement, ces chers oiseaux du cœur ne sont palpables qu’entre deux bouches qui les animent et les nôtres, de bouches, sont presque toujours à une distance respectueuse qui laissea toutes mes tendresses tomber dans le vide. Enfin, puisque je t’ai vu ce matin, je n’ai pas le droit de me plaindre, au contraire. Tu m’as paru très gaillard dans ton allure. J’espère que ce n’est pas un simple mirage de la distance et que tu vas réellement très bien. [plusieurs lignes illisibles] et je suis presque débarrassée de mes douleurs de ceinture. Je viens de me recoucher pour éviter les atteintes du froid, qui me paraît assez piquant aujourd’hui, en attendant qu’on allume mon feu. Voilà, mon cher adoré, les faits et gestesb de ta pauvre vieille Juju ce matin. Puis, je te fais souvenir [plusieurs lignes illisibles] verrais chez Valpied où en est mon fourneau. Je suis impatiente de te débarrasser de moi et surtout, bien par-dessus tout, désireuse de te reposséder chez moi.

BnF, Mss, NAF 16388, f. 260
Transcription de Jeanne Stranart assistée de Florence Naugrette

a) « qui laissent ».
b) « et geste ».

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