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Édition des Lettres de Juliette Drouet à Victor Hugo - ISSN : 2271-8923

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28 août [1836], dimanche soir, 6 h. ½

Mon cher bien-aimé je remarque que chaque fois que nous pouvons être ensemble il arrive quelqu’un et chaque fois que tu t’absentes je suis parfaitement seule, ce qui est tu en conviendras on ne peut plus malencontreux.
Je viens seulement de m’habiller parce qu’il m’a fallu m’occuper de Mme Pierceau et de son enfant. Je t’attends ce soir, je vais très peu manger. J’espère aller voir Latude [1] ou plutôt j’espère te voir, rester avec toi, m’occuper de toi, te parler, te regarder, t’écouter et te respirer.
Il fait bien mauvais temps, j’ai peur que tu n’attrapes de l’humidité ce qui te redonnerait tes maux d’entrailles. Tâche mon cher bijou qu’il n’en soit rien. Rentre plus vite tu me rendras plus heureuse et plus tranquille. Je t’écris à la hâte car j’ai là Mme Pierceau à qui je fais une triste mine depuis tantôt, pauvre femme c’est comme un fait exprès, chaque fois qu’elle vient j’ai trente six tours à faire dans ma maison. C’est votre faute aussi avec votre bain, vous êtes une BÊTE.
Je vous aime. Apportez-moi vos pattes que je les baise.

Juliette

BnF, Mss, NAF 16327, f. 272-273
Transcription de Nicole Savy

Notes

[1Le célèbre personnage du « prisonnier pendant trente-cinq ans » inspirait alors les auteurs de théâtre, comme Lubize ou Pixérécourt qui lui consacra un mélodrame en 1834.

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